Les premiers sites de suivi énergétique restent souvent bloqués par trois inconnues : quel circuit mesurer, à quel intervalle et qui reçoit les données à l’autre bout. Cette fiche amène l’équipe d’exploitation, l’installateur et le responsable du système récepteur à répondre sur papier avant que quiconque ouvre un tableau électrique.
Télécharger la fiche modifiable (.txt). Aucun e-mail ni compte n’est nécessaire. Remplissez-la dans un éditeur de texte ou imprimez-la pour la visite du site. Vos réponses restent sur votre ordinateur.
Inscrivez « inconnu : relevé sur site » pour toute valeur que vous ne pouvez pas confirmer. N’y mettez ni mots de passe ni jetons d’accès : indiquez plutôt la personne qui gère les accès.
1. Définir la décision
Notez le site, la question à résoudre, la personne qui utilisera la réponse et l’action qu’elle pourra entreprendre. « Suivre l’énergie » ne définit aucune décision. Voici une question utile :
Le responsable de l’exploitation veut savoir pourquoi le départ de l’installation frigorifique consomme 18 kW la nuit alors que le magasin est fermé, afin que le prestataire frigoriste vérifie le calendrier de dégivrage et les joints des portes.
Cette phrase fixe la frontière de mesure (le départ frigorifique), les grandeurs (kW et kWh), l’intervalle (assez fin pour voir les cycles des compresseurs) et le responsable (l’exploitant). Le reste de la fiche en découle.
Le suivi montre ce qui a changé. Si le résultat doit aussi justifier une dépense, convenez de la méthode de mesure et de vérification avant les travaux. Pour un seul départ sous-compté, l’option B de l’IPMVP (isolation des travaux, tous les paramètres mesurés) convient. Mesurez une période de référence, puis ajustez-la selon les variables qui déterminent la charge. Pour la réfrigération, il s’agit généralement de la température extérieure, exprimée en degrés-jours de refroidissement, et du volume d’activité.
2. Répertorier les points de mesure
Pour chaque point, consignez la frontière du circuit ou de l’équipement, la grandeur et l’unité, toute source existante, l’intervalle, la précision et le responsable. La fiche téléchargeable contient des fiches de points vierges à dupliquer.
Intervalle
Utilisez l’intervalle le plus long qui montre encore le comportement pertinent pour la décision.
| Intervalle | Ce qu’il montre | Usage typique |
|---|---|---|
| 30 minutes | Énergie par période de règlement | Comparaison avec les données du fournisseur et du réseau en Irlande et en Grande-Bretagne, établies par demi-heure |
| 15 minutes | Puissance moyenne par période | Vérification de la puissance maximale et nombreux programmes de flexibilité de la demande |
| 1 minute | Cycles, démarrages et charge de fond des équipements | Réfrigération, air comprimé et programmation du CVC |
| 1 seconde ou moins | Réponse à un événement de fréquence du réseau | Services de réglage de fréquence |
La question sur la réfrigération nécessite des kW à la minute. Supposons que le départ consomme 126 kWh entre 23 h 00 et 06 h 00. Chaque demi-heure totalise 9 kWh, soit une puissance moyenne de 18 kW :
Le relevé par demi-heure est plat. Celui à la minute révèle des compresseurs à 26 kW pendant 40 minutes chaque heure et un départ à 2 kW pendant les 20 autres minutes. C’est ce cycle de fonctionnement, magasin fermé, que le prestataire doit expliquer. Les données par demi-heure ne le montrent pas.
Enregistrez l’énergie dans un registre cumulatif en kWh et la puissance en kW à l’intervalle fin. Un registre cumulatif permet de retrouver l’énergie d’une lacune : soustrayez la lecture précédente de la lecture suivante. Si l’énergie est calculée par intégration d’échantillons de kW, la consommation pendant la lacune est perdue. Le calculateur kW en kWh illustre la conversion.
Deux défauts de registre produisent de faux intervalles. Un remplacement ou une remise à zéro du compteur donne ensuite une grande différence négative. Un compteur cumulatif qui atteint son maximum revient à zéro : un registre non signé sur 32 bits comptant les Wh déborde après 4 294 967 kWh. Signalez tout intervalle négatif ou anormalement grand pour examen humain. Ne le remplissez pas automatiquement.
Précision
Consignez la classe de précision et sa norme, capteurs de courant compris. La classe d’un compteur ne couvre normalement que le compteur. IEC 61869-2 limite l’erreur de rapport d’un TC de classe 1 à ±1 % au courant nominal et autorise une erreur plus grande à faible charge ; les deux erreurs s’additionnent. La charge nocturne ne représente souvent qu’une petite fraction du calibre du départ, là où l’erreur du TC est la plus forte. Le guide du comptage de haute précision explique les classes.
Un relevé de sous-compteur sert à la gestion. En Grande-Bretagne, un compteur utilisé pour facturer par un fournisseur ou un propriétaire doit appartenir à un modèle approuvé. Dans l’UE, les règles nationales du comptage commercial appliquent la directive sur les instruments de mesure (directive 2014/32/UE, annexe V, MI-003). La fiche technique du ZEM mentionne CE, RoHS et DEEE, mais pas d’homologation MID. Si une lecture doit figurer sur une facture, demandez les exigences au responsable de la facturation avant de choisir le compteur.
3. Associer chaque point à une interface
Le relevé sur site doit établir les faits qui déterminent le matériel.
| Point | Interface EpiSensor | À relever sur site |
|---|---|---|
| Nouveau point électrique triphasé, tension entre phases de 110 à 480 V CA | Moniteur électrique ZEM | Courant par phase, dimensions du conducteur ou de la barre, configuration de l’alimentation (3 ou 4 fils) |
| Compteur existant avec sortie impulsionnelle | Compteur d’impulsions ZPC | Type de sortie, poids d’impulsion, fréquence maximale |
| Compteur existant avec Modbus RS-485 | Interface Modbus ZMB | Modèle du compteur, micrologiciel, révision de la table des registres, rapport de TC configuré |
| Compteur existant de chaleur, d’eau ou d’électricité avec M-Bus filaire | Interface M-Bus ZHM | Modèle du compteur, adresse primaire ou secondaire, unités des enregistrements |
Un ZEM est livré avec ses capteurs de courant montés et étalonnés avec le compteur. La classe 0,5S selon IEC 62053-22 s’applique à l’ensemble compteur et capteurs ; aucun rapport de TC n’est à régler sur site. Définissez la plage de courant et les dimensions nécessaires avec l’outil de sélection des transformateurs de courant, puis utilisez sa recherche facultative de modèles EpiSensor pour étudier les options publiées. Confirmez l’accès pour l’installation et la performance à la plus faible charge avant de choisir. Si vous réutilisez un compteur existant avec des TC classiques de 1 A ou 5 A, relevez le rapport sur la plaque du TC plutôt que sur un plan et vérifiez le secondaire avec le calculateur de rapport et de charge du TC.
Un électricien qualifié installe les capteurs et la référence de tension. Consignez ce dont il a besoin pour préparer l’intervention : dimensions du conducteur, calibre du dispositif de protection, espace libre dans le tableau et créneau permettant d’isoler le circuit. Les instructions d’installation de chaque modèle se trouvent dans la bibliothèque documentaire.
4. Convenir de la destination des données
Indiquez si le premier site utilisera Edge en local, une plateforme externe ou les deux. Nommez le responsable du système récepteur et la personne qui gère l’interface et son authentification.
Rédigez une correspondance pour trois ou quatre points avant toute configuration d’interface :
| Identifiant du point | Source | Grandeur | Unité | Type | Intervalle | Exemple d’horodatage source |
|---|---|---|---|---|---|---|
| REFRIG_FDR.kWh | ZEM, départ frigorifique | Énergie active importée | kWh | Cumulative | 15 min | 2026-09-22T02:15:00Z |
| REFRIG_FDR.kW | ZEM, départ frigorifique | Puissance active, total triphasé | kW | Instantanée | 1 min | 2026-09-22T02:16:00Z |
| REFRIG_FDR.PF_L1 | ZEM, départ frigorifique | Facteur de puissance, phase L1 | Sans unité | Instantanée | 1 min | 2026-09-22T02:16:00Z |
| MAIN_INC.kWh | Compteur principal existant, Modbus RTU | Énergie active importée | kWh | Cumulative | 30 min | 2026-09-22T02:30:00Z |
Envoyez les horodatages en UTC. Distinguez l’heure de mesure de celle à laquelle la plateforme a reçu la lecture. Les horodatages en heure locale créent une journée de 23 heures en mars et de 25 heures en octobre ; l’heure répétée en octobre peut écraser une série de lectures. Convenez de la représentation d’une lecture manquante, invalide ou retardée : une lacune ou une valeur nulle accompagnée d’un état. Zéro est une lecture valable et ne doit pas signifier « aucune donnée ».
Effectuez ensuite trois vérifications distinctes : la lecture existe dans Edge, le transport signale une réussite et l’application réceptrice stocke la bonne valeur pour le bon point. L’envoi peut réussir alors que la troisième vérification échoue. Par exemple, le broker accuse réception d’une publication MQTT QoS 1 de 18,2 kWh, mais la plateforme lit la valeur en Wh. Le départ semble alors consommer un millième de son énergie réelle. Seule la troisième vérification décèle l’erreur : comparez une valeur dans la plateforme à la même valeur dans Edge.
5. Définir le comportement en cas d’interruption
Pour chacun des cas suivants, notez le comportement attendu, un essai sûr et la personne qui accepte le résultat :
- Une source de mesure cesse de transmettre.
- La liaison en amont devient indisponible.
- Le service reprend après une interruption.
- Une valeur sort de sa plage attendue, par exemple des kW négatifs sur un départ sans production.
Sachez ce que conserve chaque niveau. Un ZEM enregistre jusqu’à 70 000 points de données dans sa mémoire flash non volatile, horodatés à la seconde, et le Gateway les collecte lorsque la liaison radio revient. La capacité dépend du nombre de flux et de l’intervalle. Six flux transmis chaque minute représentent 8 640 points par jour : la mémoire contient donc environ huit jours. À un intervalle de 15 minutes, elle contient environ quatre mois.
En amont du Gateway, Edge conserve un historique local. Pour les voies de livraison prises en charge, Edge écrit tout envoi échoué dans une file persistante sur disque et le retransmet plus tard avec son horodatage d’origine. Un flux MQTT ou HTTP générique que vous construisez vous-même a besoin de sa propre mémoire tampon ; testez-la pendant un redémarrage. Le guide du stockage des données explique comment dimensionner l’historique local et la capacité pendant une panne.
Testez directement la liaison en amont. Déconnectez le WAN du Gateway pendant deux heures, puis reconnectez-le. La plateforme doit afficher les 120 lectures de kW prises à une minute d’intervalle pendant la panne, avec leurs horodatages d’origine et sans doublons. La différence du registre de kWh sur la période doit correspondre à l’énergie calculée à partir de ces lectures.
Si le projet doit aussi commander des équipements, convenez avec le responsable de l’actif d’un périmètre distinct pour les commandes et la sécurité. La réception du suivi ne couvre pas la commande.
6. Définir les critères de réception du premier site
Sur un nouveau point électrique, la plupart des défauts proviennent de l’installation. Testez chacun avant de réceptionner le site.
| Défaut | Observation | Vérification |
|---|---|---|
| TC inversé sur une phase | Cette phase affiche des kW négatifs. Avec une charge équilibrée, le total triphasé vaut environ un tiers de la valeur réelle. | Chaque phase affiche des kW positifs sur un départ sans production. |
| TC associé à la tension de la mauvaise phase | Deux phases affichent un facteur de puissance proche de zéro ou négatif. | Chaque phase affiche un facteur de puissance en retard de phase cohérent avec la charge. |
| Mauvais rapport de TC sur un compteur réutilisé | La lecture est fausse selon le rapport : un TC 200/5 réglé à 1:1 indique un quarantième de la vraie valeur. | Le courant par phase correspond à une pince ampèremétrique étalonnée. |
| Wh transmis comme kWh, ou l’inverse | La lecture est fausse d’un facteur 1 000. | Une valeur concorde dans Edge et sur la plateforme. |
| Heure locale dans les horodatages | Une heure manquante ou répétée à chaque changement d’heure. | Les horodatages se terminent par Z (UTC). |
| Remise à zéro ou débordement d’un registre | Un intervalle est très grand ou négatif. | La plateforme signale l’intervalle pour vérification. |
Les capteurs étalonnés du ZEM éliminent l’erreur de rapport, mais l’installateur doit encore régler leur sens et leur association aux phases.
Comparez chaque nouveau point à une référence. Vérifiez ponctuellement la tension, le courant, le facteur de puissance et les kW sur chaque phase avec un analyseur de puissance étalonné. Comparez ensuite les kWh sur au moins 24 heures à l’énergie enregistrée par l’analyseur sur le même départ. Définissez la tolérance d’après la précision déclarée des deux instruments avant l’essai, pas après.
Le site est réceptionné lorsque vous disposez des preuves suivantes :
- une correspondance des points vérifiée face aux frontières physiques, aux unités et aux facteurs d’échelle ;
- une comparaison avec une référence dans la tolérance convenue ;
- les lectures dans l’application réceptrice avec leurs horodatages source ;
- un essai d’interruption réussi ;
- des responsables désignés pour la remise, les enregistrements de configuration et l’assistance.
Consignez la date, le responsable de la réception, les questions encore ouvertes et leurs responsables, ainsi que les conditions à remplir avant d’ajouter un deuxième site.
Étapes suivantes
Si vous comparez encore des fournisseurs, le guide de choix d’un système de suivi énergétique propose dix questions à poser à chacun.
Composez votre système de suivi pour choisir le matériel correspondant aux points de la fiche.
Discuter de ce projet de site si des inconnues subsistent.