SEAI retient une partie de chaque subvention EXEED de phase 2 jusqu'à ce que le projet démontre ses économies. Le montant retenu est le plus faible de 30 000 € ou de 10 % de la subvention. Il expire 18 mois après la date d'achèvement du projet. Impossible de vérifier des économies sans situation de référence, qui doit être mesurée avant toute modification de l'installation. Le choix des compteurs appartient donc à la phase 1.
EXEED (Excellence in Energy Efficient Design) est une subvention de la Sustainable Energy Authority of Ireland destinée aux organisations non résidentielles : entreprises, organismes publics et associations. Les Rapid Approval Grants de SEAI accordent des montants fixes pour des mesures courantes comme le photovoltaïque, l'isolation et les pompes à chaleur. EXEED vise les projets qui exigent une évaluation sur mesure, par exemple une pompe à chaleur de procédé ou un bâtiment neuf conçu selon la norme I.S. 399.
Ce guide fait partie du parcours de formation sur la performance des bâtiments et des procédés. Les chiffres proviennent des lignes directrices SEAI du dispositif 2026, datées de juillet 2026. SEAI révise le dispositif chaque année : consultez les lignes directrices en vigueur avant de déposer une demande.
Les deux phases
| Phase | Dépenses prises en charge | Taux maximal de subvention |
|---|---|---|
| 1 | Études préalables à l'investissement, faisabilité, conception et prestations professionnelles | 50 % pour les projets EXEED ; 30 % pour les projets à fort impact |
| 2 | Investissement dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables | 30 % pour la plupart des mesures ; 40 % pour les pompes à chaleur |
L'aide atteint au maximum 3 millions d'euros par projet, toutes phases confondues. Un montant supérieur nécessite l'accord préalable du Department of Climate, Energy and the Environment. Vous pouvez demander l'aide pour la phase 1, la phase 2 ou les deux. Une demande de phase 2 doit obtenir au moins 65 points sur 100 au regard de l'impact, du rapport coût-efficacité et de la qualité de l'équipe et de la démarche. Le temps de retour simple, hors subvention, doit dépasser 2 ans.
Le taux de la phase 2 dépend de la mesure. Le photovoltaïque peut recevoir jusqu'à 20 %. Pour la rénovation d'un bâtiment avec une seule mesure, le maximum est de 25 %, et SEAI peut limiter l'aide à 15 % lorsqu'aucun coût de référence contrefactuel n'est fourni. Le taux applicable à une pompe à chaleur dépend du SCOP de conception (bâtiments) ou du COP de conception (industrie) et de la température de départ. Pour une pompe à chaleur industrielle entre 90 °C et 120 °C, le maximum est de 40 % avec un COP de 3,5, ou de 35 % avec un COP de 3. En dessous de 90 °C, le taux maximal de 40 % exige un SCOP ou un COP de 4. SEAI exige que le COP ou le SCOP puisse être mesuré sur le fluide caloporteur : la chaleur produite a donc besoin de son propre compteur.
Les entreprises moyennes peuvent bénéficier d’une majoration de 10 % et les petites entreprises d’une majoration de 20 %, uniquement si le temps de retour hors subvention dépasse 10 ans. SEAI prévoit d'évaluer une demande de phase 1 en 3 semaines et une demande de phase 2 en 8 à 12 semaines. Une subvention demandée supérieure à 1 million d'euros ajoute environ 4 semaines. Toute demande de phase 2 d'au moins 250 000 € fait l'objet d'une évaluation technique externe avec visite du site.
Ne commencez pas les travaux avant la lettre d'offre. Après confirmation écrite par SEAI de la validité de votre demande, vous pouvez commander du matériel et verser des acomptes allant jusqu'à 50 % de sa valeur. SEAI peut refuser de payer des travaux commencés avant la lettre d'offre.
Projets EXEED et projets à fort impact
Un projet EXEED suit la démarche EXEED, issue de la norme irlandaise I.S. 399:2014 sur la gestion de la conception écoénergétique. Un expert indépendant en conception écoénergétique dirige les études de phase 1 : plan d'exécution du projet, bilan énergétique, démarche « Challenge and Analyse », registre des économies d'énergie, examen des variables énergétiques, examen de la dégradation de la performance énergétique et plan de mesure de l'énergie.
L'évaluation de phase 2 apprécie trois de ces éléments au regard du niveau EXEED Designed : le plan d'exécution du projet, le bilan énergétique et le registre des économies d'énergie. Un plan de mesure et vérification (M&V) est facultatif, mais SEAI le note selon le même critère. Les possibilités d'amélioration qui ne proviennent pas de la démarche « Challenge and Analyse » ne sont pas éligibles en phase 2.
Après l'achèvement, l'installation est certifiée à l'un de trois niveaux : EXEED Designed, EXEED Managed ou EXEED Verified.
Un projet à fort impact ne suit pas la démarche EXEED. Il repose sur un audit énergétique classique et la sélection de mesures. Son taux de phase 1 est réduit à 30 %, et le déblocage de la retenue dépend d'un rapport M&V plutôt que d'une certification.
La mesure et la vérification débloquent la retenue
SEAI calcule la retenue lors du versement de la subvention, sur les dépenses admissibles réellement engagées, qui peuvent être inférieures au montant offert. Pour un projet EXEED, trois voies permettent de récupérer la retenue :
- L'installation atteint le niveau EXEED Verified.
- L'installation atteint le niveau EXEED Managed.
- L'installation atteint le niveau EXEED Designed et ses économies contribuent à l'objectif d'une partie obligée au titre de l'Energy Efficiency Obligation Scheme (EEOS). Ces parties obligées sont des fournisseurs d'énergie soumis à des objectifs d'économies. SEAI doit approuver la demande EEOS, laquelle doit comprendre une mesure et vérification.
Un projet à fort impact récupère la retenue lorsqu'il présente un rapport M&V acceptable. Dans tous les cas, le demandeur doit fournir les preuves dans les 18 mois suivant la date d'achèvement du projet. Au-delà, SEAI annule la partie de la subvention encore retenue.
Les lignes directrices citent l'IPMVP et l'ISO 50015 comme protocoles M&V établis, sans imposer l'un ou l'autre. L'IPMVP définit quatre options pour quantifier les économies d'un projet. L'ISO 50015 énonce des principes généraux pour mesurer la performance énergétique d'une organisation. Pour un projet isolé, l'IPMVP est généralement retenu. Le travail M&V portant sur les améliorations choisies est une dépense admissible en phase 2, y compris le recours à un Certified Measurement and Verification Professional (CMVP).
Exemple chiffré : une pompe à chaleur de procédé
Une grande usine agroalimentaire remplace une chaudière à gaz par une pompe à chaleur qui fournit de l'eau de procédé à 95 °C. Après déduction du coût contrefactuel, la dépense admissible est de 900 000 €. Le COP de conception est de 3,5.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Taux de phase 2, 90 °C à 120 °C, COP de 3,5 | 40 % |
| Subvention de phase 2 | 360 000 € |
| 10 % de la subvention | 36 000 € |
| Retenue, soit le plus faible de 30 000 € et de 10 % | 30 000 € |
| Versement après inspection | 330 000 € |
| Subvention pour un COP de conception de 3,0 (35 %) | 315 000 € |
La demande dépasse 250 000 € : SEAI mandate donc un évaluateur externe pour une visite du site. Elle reste inférieure à 1 million d'euros : son évaluation prend 8 à 12 semaines.
La mesure et vérification suit l'option B de l'IPMVP, car elle mesure toute l'énergie du système rénové. La référence est la consommation de gaz de la chaudière rapportée à la production de l'usine. Après les travaux, l'usine mesure l'électricité consommée par la pompe à chaleur et la chaleur délivrée à l'eau de procédé. La chaleur produite divisée par l'électricité consommée donne le COP mesuré, à comparer au COP de 3,5 qui a déterminé le taux.
Le délai pour réclamer la retenue est court. Supposons que le projet s'achève le 1er mars 2027. La retenue expire le 1er septembre 2028. Une période de suivi de 12 mois commençant à l'achèvement se termine le 1er mars 2028. Il reste alors 6 mois pour rédiger le rapport et obtenir son acceptation. Un problème de mise en service qui retarde de trois mois le fonctionnement stable ramène ce délai à 3 mois. Commencez donc la période de suivi à l'achèvement, pas au moment où quelqu'un demande le rapport.
Prévoir les compteurs dès la phase 1
Le plan de mesure de l'énergie fait partie des études de phase 1 : son coût est donc admissible à une aide allant jusqu'à 50 %. Utilisez-le pour arrêter le plan de comptage avant la lettre d'offre.
- Choisissez d'abord l'option M&V : elle détermine ce qu'il faut mesurer. L'option A mesure le paramètre principal, par exemple la puissance d'un moteur, et fixe par hypothèse les autres, par exemple ses heures de marche. L'option B mesure toute l'énergie du système rénové ; elle convient à un variateur de vitesse ou à une pompe à chaleur. L'option C utilise le compteur principal. Le guide du DOE la réserve à des économies supérieures à environ 10 à 15 % de la consommation mesurée. L'option D recourt à une simulation calibrée lorsqu'il n'existe pas de référence mesurée. Le guide sur la mesure des économies détaille ces options.
- Repérez, dans le bilan énergétique, chaque usage énergétique significatif que l'amélioration modifiera. Installez un compteur divisionnaire à la frontière de mesure M&V. Rapprochez, sur une même période, les mesures divisionnaires et les petites charges estimées du compteur principal. Un écart important indique qu'une charge manque au bilan.
- Enregistrez les variables qui déterminent chaque charge avec les mêmes horodatages : production, température extérieure ou degrés-jours, températures de départ et de retour, et occupation le cas échéant. Utilisez des intervalles de 15 minutes au maximum.
- Mesurez la référence sur toute la plage de ces variables. Pour une charge de chauffage ou de refroidissement, cela représente 12 mois. Le guide du DOE demande au moins 12 mois de données de référence pour l'option C et préfère 24 mois. Quelques semaines peuvent suffire pour une ligne de production stable sous l'option B, si la période de suivi reste dans la même plage. La directive ASHRAE 14 n'applique un modèle de référence qu'aux périodes où chaque variable ne descend pas sous 90 % de son minimum de référence et ne dépasse pas 110 % de son maximum de référence.
- Gardez les mêmes compteurs en place après l'achèvement et consignez chaque changement d'installation, de gamme de produits ou d'horaires pendant la période de suivi.
Un bâtiment neuf n'a pas de référence mesurée. La M&V compare l'installation achevée en fonctionnement au modèle de référence utilisé dans le bilan énergétique. Le comptage doit donc être prévu dès la conception, afin de pouvoir mesurer après la mise en service chaque usage figurant dans le bilan.
Les causes d'échec de la mesure et vérification
| Défaillance | Manifestation | Prévention |
|---|---|---|
| Compteurs posés après le début des travaux | La première mesure est postérieure au début des travaux. La référence repose sur des estimations | Installer les compteurs pendant la phase 1 |
| Historique local expiré | La période de référence manque au moment de rédiger le rapport | Régler la conservation de l'historique sur toute la période de référence et de suivi avant de commencer les mesures, ou transmettre les données à un stockage qui les conserve |
| Capteurs de courant sur le mauvais circuit | Le profil de charge ne suit pas les horaires de l'installation. Les sous-compteurs ne se rapprochent pas du compteur principal | Vérifier chaque circuit lors d'un démarrage et d'un arrêt connus pendant la mise en service |
| Variables explicatives non enregistrées | Impossible d'ajuster les économies en fonction de la production ou de la météo | Les enregistrer dès le premier jour de la période de référence |
| Conditions de suivi hors de la plage de référence | Production ou degrés-jours sous 90 % du minimum ou au-dessus de 110 % du maximum de référence | Étendre la période de référence ou présenter ces périodes séparément |
| Changement non routinier pendant la période de suivi | Les économies diminuent lorsqu'une nouvelle ligne démarre ou que les équipes prolongent leur travail | Consigner le changement et l'ajuster selon la méthode du plan M&V |
| Rapport présenté en retard | La demande arrive après les 18 mois suivant l'achèvement et SEAI annule la retenue | Commencer la période de suivi dès l'achèvement |
Le comptage EXEED avec EpiSensor
Pour les options A et B, posez des moniteurs électriques ZEM sur les circuits que le projet modifiera. Chaque ZEM est étalonné avec les capteurs de courant fournis : la classe 0,5S selon IEC 62053-22 s'applique ainsi à l'ensemble compteur et capteurs. Cela limite la contribution de l'instrument à l'incertitude des économies. Le ZEM transmet ses mesures sur le réseau maillé Zigbee et peut donc être installé pendant la phase 1 sans nouveau câble de données.
Un compteur d'impulsions ZPC lit la sortie impulsionnelle d'un compteur de gaz, de chaleur ou d'électricité existant. Dans l'exemple de la pompe à chaleur, l'un d'eux lit le compteur de gaz de la chaudière pour la référence, puis le compteur de chaleur sur l'eau de procédé après les travaux. Les sondes de température TES enregistrent les températures de départ et de retour. Au-dessus de 70 °C, une sonde TES est précise à ±0,5 °C. Pour un écart de 10 K entre départ et retour, les deux sondes peuvent cumuler une erreur de 1 K, soit 10 % d'erreur sur une production de chaleur calculée. Mesurez donc la chaleur utilisée pour le COP avec le compteur de chaleur ; utilisez les sondes pour vérifier cette mesure et détecter les défauts. Un capteur analogique ZIO reçoit le signal 4-20 mA ou 0-10 V d'un transmetteur de débit ou de production, fournissant la variable explicative de la régression.
Un Gateway exécutant Edge stocke les mesures localement, et sa page Data exporte en CSV le graphique chargé. Chaque ligne comprend un horodatage Unix en millisecondes et une date et heure locales ; les valeurs manquantes restent vides, elles ne deviennent pas zéro. Edge conserve par défaut 30 jours d'historique local. Un administrateur peut prolonger cette durée par une commande de configuration ; la nouvelle valeur s'applique après un redémarrage d'Edge. Faites-le avant le début d'une référence de 12 mois : les données expirées sont irrécupérables. Vous pouvez aussi envoyer les données par MQTT ou HTTP à une plateforme qui les garde pendant toute la période de référence et de suivi.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la subvention SEAI EXEED ?
Une subvention de la Sustainable Energy Authority of Ireland pour les entreprises, organismes publics et associations. Elle finance des investissements dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables de bâtiments et de procédés trop grands ou complexes pour les Rapid Approval Grants de SEAI et nécessitant une évaluation sur mesure. La phase 1 finance les études et la conception ; la phase 2 finance l’investissement.
Quel montant peut financer EXEED ?
Jusqu’à 3 millions d’euros par projet, toutes phases confondues, selon les lignes directrices de 2026. La phase 1 couvre jusqu’à 50 % des prestations professionnelles d’un projet EXEED, ou jusqu’à 30 % d’un projet à fort impact. La phase 2 couvre jusqu’à 30 % de la plupart des mesures, 20 % du photovoltaïque et 40 % des pompes à chaleur selon leur COP ou SCOP de conception. Les entreprises moyennes et petites peuvent recevoir respectivement une majoration de 10 % et 20 % respectivement lorsque le temps de retour hors subvention dépasse 10 ans.
EXEED exige-t-il une mesure et vérification ?
Oui, pour débloquer la retenue. SEAI retient le plus faible de 30 000 € ou de 10 % de la subvention. Un projet EXEED la récupère au niveau EXEED Verified ou EXEED Managed, ou au niveau EXEED Designed si SEAI approuve des économies au titre de l’Energy Efficiency Obligation Scheme. Un projet à fort impact la récupère avec un rapport M&V acceptable. La retenue expire 18 mois après la date d’achèvement du projet.